Avec ses multiples voix et sa guitare, ce "caméléon" musical, unique locuteur d'une langue étrange (le klokobetz) incarne différentes facettes des arts de la scène. Il nous mène aux confins du rêve et de la réalité.
Auparavant, en novembre 2004, il était seul sur scène et avait déjà réussi à surprendre et à toucher chaque spectateur par son aura. Mais cette fois-ci, accompagné de son fidèle violoncelliste Pierre Le Bourgeois et quelquefois sur certains morceaux, d’un batteur cet artiste inclassable nous emmènera à nouveau au Klokochazia par des chemins parfois rock, parfois folk, souvent oniriques.
Découvrir Nosfell sur scène est une expérience à voir et à revoir !
L'un des aspects les plus intrigants du travail de cet artiste est l'utilisation du Klokobetz. Langue inventée aux sonorités riches dont la structure s'inspire notamment du japonais ou de l'allemand. Elle alterne dans ses chansons avec l'anglais et fait partie du mythe de Klokochazia dans la magie duquel elle permet une immersion plus profonde. Le public ne comprend pas cette langue, mais elle se mêle harmonieusement aux inflexions musicales du chanteur qui l'utilise, de son propre aveu, pour « susciter l'humain », un langage suprêmement universel donc, qui s'appuie sur la musique et vice-versa. Il existe une syntaxe tout aussi évocatrice de cette langue, que l'on peut rencontre dans son album Pomaïe Klokochazia balek : les caractères n'évoquent rien de connu mais se déroulent harmonieusement sous le regard et semblent effectivement avoir un sens, à moitié révélé par leur seule forme.
Dans ce monde ci, Nosfell serait un trouvère ou un griot, en Klokochazia il est un Jawidfel, enfanté de Lugina, une des sept forces fécondes Klokobetz, celle de la région de Flohelem Damidalwel. Son enfance fut errante jusqu’à sa rencontre avec Dünaladot (littéralement, celui qui n’a pas de nom), un personnage peu recommandable puisque anthropophage, qu’il réussira à amadouer jusqu’à en faire le compagnon de ses premières pérégrinations dans la région montagneuse de Jsilvak. Mais la grande rencontre de Nosfell, c’est celle de Stevgak, gérant de Chimdega (la grande région du sud), homme à la fois bon et cruel pour lui, qui lui donnera son nom (Labyala) à l’heure où il le chassait pour le sauver de l’attaque des chiens de Günel, déterminés à tuer tous les Jawidfels ...
En live, il crée une superposition de guitares et de voix pour gagner en ampleur, et tracer les contours d'un univers aux multiples facettes. Des concerts de Nosfell, on ressort en général soufflé, bluffé par cette douce rage, ce rêve réalisé. Pas mal pour commencer la soirée, non ?
Voir et écouter Nosfell, c’est partir en voyage, c’est faire la connaissance de personnages généreux ou vils, ou parfois les deux à la fois, c’est traverser des plaines arides et sans vie, pour arriver dans des jardins d’Eden. C’est en tout cas toujours voyager dans un pays de métaphores où la langue, les langues, tiennent un rôle central, celui d’une charpente, ou plutôt d’une colonne vertébrale.